Liste grise du GAFI et paiement fournisseur
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Liste grise du GAFI : ce qu’elle peut changer pour vos paiements fournisseurs
La liste grise du GAFI ne bloque pas automatiquement les paiements fournisseurs depuis la Côte d’Ivoire ou le Cameroun. Au 19 juin 2026, le GAFI ne demande pas de vigilance renforcée automatique ; une banque ou un prestataire peut néanmoins demander davantage d’informations selon son analyse du risque.
Points essentiels
- Au 19 juin 2026, la liste grise du GAFI place la Côte d’Ivoire et le Cameroun sous surveillance renforcée ; elle n’est ni un embargo ni une interdiction de payer un fournisseur étranger.
- Une demande d’informations complémentaires peut porter sur l’entreprise, le bénéficiaire effectif, la facture, l’objet économique ou l’origine des fonds.
- La liste grise du GAFI ne remplace ni la réglementation des changes de l’UEMOA appliquée depuis la Côte d’Ivoire, ni celle de la CEMAC appliquée depuis le Cameroun.
- Un dossier cohérent et des réponses précises aux demandes de conformité facilitent la compréhension d’un paiement fournisseur, sans garantir son exécution ni son délai.
La liste grise du GAFI : ce qu’elle signifie, et ce qu’elle ne signifie pas
La liste grise du GAFI est un signal de surveillance lié à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme ; elle ne constitue pas, à elle seule, une interdiction de régler un fournisseur étranger. Chez BankiPay, nous distinguons ce signal international des sanctions et des règles de change applicables au pays d’émission.
Une juridiction sous surveillance renforcée
Une juridiction sous surveillance renforcée est un pays qui travaille avec le Groupe d’action financière (GAFI) pour corriger des déficiences stratégiques de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT), dans des délais convenus. Le GAFI désigne couramment cette publication comme la « liste grise » dans son communiqué du 19 juin 2026.
Liste grise, appel à l’action, sanctions et embargo : quatre notions différentes
La liste grise du GAFI recense les juridictions sous surveillance renforcée. Elle est distincte de la liste des juridictions à haut risque soumises à un appel à l’action, publiée séparément par le GAFI. Elle est également distincte des sanctions internationales, qui visent des personnes, entités, activités ou pays selon des textes précis, et d’un embargo commercial, qui interdit ou limite certains échanges. Le GAFI publie ces deux documents de surveillance dans sa rubrique « High-risk and other monitored jurisdictions ».
Pas de vigilance renforcée automatique demandée par le GAFI
Au 19 juin 2026, le GAFI indiquait expressément qu’il ne demandait pas l’application de mesures de vigilance renforcée aux juridictions sous surveillance renforcée. Le même communiqué précise que les normes du GAFI ne prévoient pas le dérisquage, c’est-à-dire la coupure globale de relations avec des catégories entières de clients ou de pays, mais une approche fondée sur les risques.
Pourquoi un paiement fournisseur peut faire l’objet de vérifications supplémentaires
Un paiement fournisseur peut être examiné plus en détail lorsqu’une institution doit comprendre le risque présenté par l’entreprise, le pays, le bénéficiaire ou l’opération. La présence d’un pays sur la liste grise peut entrer dans cette analyse, sans déclencher mécaniquement le même résultat pour chaque paiement traité par nos couloirs de paiement.
Le rôle de la banque correspondante
Une banque correspondante est une banque qui fournit à une autre institution l’accès à des devises, à des comptes ou à des infrastructures de paiements internationaux. Dans une chaîne de paiement transfrontalier, elle peut intervenir avant que les fonds ne soient reçus par la banque du bénéficiaire.
Une analyse portant sur le paiement, pas seulement sur le pays
Une institution peut examiner l’identité et l’activité de l’entreprise payeuse, les bénéficiaires effectifs lorsque ces informations sont demandées, le fournisseur, le pays concerné, le montant, la devise, l’objet économique et la cohérence du flux avec les informations déjà connues. Un paiement de marchandises clairement décrit, assorti d’une facture et cohérent avec l’activité déclarée de l’entreprise, est plus facile à comprendre qu’une instruction dont le motif reste imprécis.
Ce qu’est une RFI
Une RFI, ou demande d’informations complémentaires, est une question adressée par une institution à une autre afin d’éclaircir une opération signalée par ses contrôles. Les orientations du GAFI sur les services de banque correspondante indiquent qu’une RFI peut viser une opération précise et demander, selon le niveau de risque, des éléments sur le client, les bénéficiaires effectifs, l’origine des fonds, la logique de la transaction ou les biens échangés. Une RFI peut interrompre le traitement opérationnel le temps qu’une réponse suffisante soit transmise ; elle ne signifie pas, à elle seule, qu’un paiement est refusé.
Le guide du GAFI, dans son édition consultée en août 2026, précise que les procédures de suivi doivent être proportionnées au risque identifié. Il rappelle aussi que l’objectif est de gérer les risques, et non de couper indistinctement les relations avec tous les clients d’un pays ou d’une catégorie. Les orientations sur les services de banque correspondante détaillent les informations qui peuvent être demandées sur une opération donnée.
Côte d’Ivoire et Cameroun : deux cadres à ne pas confondre
Au 19 juin 2026, la Côte d’Ivoire et le Cameroun figuraient tous deux sur la liste des juridictions sous surveillance renforcée du GAFI. Cette situation commune ne fusionne pas leurs réglementations des changes : nous traitons un paiement depuis la Côte d’Ivoire et un paiement depuis le Cameroun dans leurs cadres zonaux respectifs.
Deux pays présents dans la publication du 19 juin 2026
Le communiqué du GAFI du 19 juin 2026 cite le Cameroun et la Côte d’Ivoire parmi les juridictions sous surveillance renforcée. Pour la Côte d’Ivoire, le GAFI relevait alors une détermination initiale selon laquelle le plan d’action était substantiellement achevé, sous réserve d’une visite sur place. Pour le Cameroun, le GAFI indiquait que des travaux restaient à accomplir malgré des progrès signalés. Ces précisions concernent le suivi LBC-FT du GAFI, non une autorisation ou une interdiction de payer un fournisseur.
Depuis la Côte d’Ivoire : le cadre UEMOA et la BCEAO
Un paiement fournisseur initié depuis la Côte d’Ivoire relève aussi du cadre de change de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La liste grise du GAFI ne remplace pas les formalités de change, les pièces d’importation ou le rôle de la banque domiciliataire applicables dans l’UEMOA. Notre article sur le Règlement 06/2024 UEMOA présente ce sujet distinct pour les importateurs.
Depuis le Cameroun : le cadre CEMAC et la BEAC
Un paiement fournisseur initié depuis le Cameroun relève aussi du cadre de change de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Les règles CEMAC ne doivent pas être assimilées aux règles de l’UEMOA, même lorsque le Cameroun et la Côte d’Ivoire apparaissent ensemble dans une publication du GAFI. Pour ce type de dossier, notre contenu sur la domiciliation et l’apurement en CEMAC sépare les sujets de change des contrôles LBC-FT.
Ne pas déduire une liste locale de pièces ou un délai réglementaire
Au mois d’août 2026, cet article ne publie ni plafond, ni délai réglementaire, ni liste exhaustive de pièces pour la Côte d’Ivoire ou le Cameroun. Ces éléments dépendent des textes en vigueur, de la nature de l’importation et de la banque domiciliataire. Pour un dossier concret, référez-vous à la BCEAO dans l’UEMOA ou à la BEAC dans la CEMAC, ainsi qu’à votre banque domiciliataire.
Quels éléments préparer pour réduire les demandes d’informations évitables
Préparer les éléments qui expliquent l’entreprise et l’opération permet de répondre plus précisément à une demande de conformité. Cette préparation ne supprime ni le contrôle des changes applicable, ni les contrôles propres à la banque correspondante, ni l’analyse de notre équipe conformité lorsqu’un paiement passe par BankiPay.
| Information demandée | Rôle dans la compréhension du paiement | Exemple de justificatif | Acteur qui la détient |
|---|---|---|---|
| Identité et activité de l’entreprise | Établir qui paie et quelle activité commerciale soutient le paiement fournisseur. | Registre de commerce, document d’immatriculation, informations KYC à jour. | L’entreprise payeuse et, selon le pays, son registre compétent. |
| Bénéficiaires effectifs | Comprendre qui contrôle ou possède l’entreprise lorsque cette information est requise. | Déclaration de bénéficiaires effectifs ou document équivalent demandé par l’établissement. | L’entreprise payeuse et ses représentants autorisés. |
| Objet économique du paiement | Relier le montant versé à une commande commerciale identifiable. | Facture proforma, facture commerciale, bon de commande et description des marchandises. | L’entreprise payeuse et le fournisseur. |
| Cohérence du flux | Vérifier l’alignement entre montant, devise, fournisseur, marchandises et étape de l’importation. | Facture, Incoterm lorsqu’il est disponible, connaissement (B/L) ou autre document d’expédition selon l’étape du dossier. | L’entreprise payeuse, le fournisseur et, selon le cas, le transporteur ou le transitaire. |
| Origine des fonds et justification comptable | Comprendre comment le paiement est financé et enregistré dans l’activité de l’entreprise. | Relevé de compte, écriture comptable, justificatif de vente ou autre pièce demandée pour le dossier. | L’entreprise payeuse, sa banque et son service comptable. |
Identité, activité et bénéficiaires effectifs
Les informations KYC, ou de vérification d’identité, permettent d’identifier l’entreprise et les personnes qui la contrôlent lorsque cela est demandé. Un changement d’adresse, d’activité, de dirigeant ou d’actionnariat qui n’est pas mis à jour peut générer des questions supplémentaires. Chez BankiPay, nous vous demandons de transmettre des informations exactes et cohérentes avec les documents de votre entreprise.
Objet économique et documents commerciaux
Une facture proforma ou une facture commerciale, un bon de commande et une description précise des marchandises permettent d’expliquer l’objet économique d’un paiement fournisseur. Une description telle que « marchandises » peut être insuffisante si elle ne permet pas de relier l’opération à l’activité de l’entreprise et à la commande concernée.
Montant, devise, fournisseur et étape de l’importation
La cohérence du flux s’apprécie notamment au regard du montant, de la devise, du nom du fournisseur, de l’Incoterm lorsqu’il est disponible et des documents d’expédition ou d’importation déjà émis. Un Incoterm est une règle contractuelle qui répartit certains coûts, risques et responsabilités entre vendeur et acheteur ; il peut aider à comprendre ce que couvre le montant payé, sans remplacer une facture.
Origine des fonds et traitement comptable
L’origine des fonds désigne les éléments qui expliquent comment l’entreprise finance le paiement. Les pièces exactes dépendent de l’établissement, du pays et du dossier : une demande ciblée peut par exemple porter sur un relevé bancaire, une écriture comptable ou un document commercial. Nous ne présumons pas qu’une même pièce répondra à toutes les demandes ; notre équipe conformité examine les informations requises pour le dossier concerné.
Comment suivre un paiement fournisseur lorsqu’une vérification est en cours
Un paiement fournisseur passe généralement par l’initiation, le contrôle de conformité, l’exécution et le crédit par la banque du bénéficiaire. Une vérification peut intervenir à l’un de ces stades, et un justificatif de paiement ne prouve pas à lui seul que le fournisseur a déjà reçu les fonds.
Quatre étapes à distinguer
L’initiation correspond à la transmission de l’instruction de paiement. Le contrôle de conformité vérifie les informations et peut entraîner une demande ciblée. L’exécution correspond à l’envoi du paiement dans le circuit prévu. Le crédit final dépend ensuite de la réception et du traitement par la banque du bénéficiaire. Dans nos échanges avec vous, nous séparons ces étapes afin d’éviter de confondre une instruction créée, une instruction en revue et un paiement effectivement crédité.
- Centralisez les pièces liées au paiement fournisseur : documents d’entreprise, facture, bon de commande, éléments sur le fournisseur et documents d’importation déjà disponibles.
- Répondez exactement à la demande reçue, en joignant les pièces qui se rapportent au montant, au fournisseur et à l’objet du paiement concerné.
- Conservez la demande, votre réponse et les documents transmis afin de maintenir une piste d’audit pour votre service comptable et vos échanges avec la banque domiciliataire.
- Demandez le statut du paiement en distinguant l’étape de conformité, l’exécution et le crédit final par la banque du bénéficiaire.
Ce qu’établit un justificatif de paiement
Un justificatif de paiement établit qu’une instruction a été traitée ou exécutée selon les informations qui y figurent. Il ne garantit pas, à lui seul, le crédit final sur le compte du fournisseur, l’absence d’un contrôle ultérieur ou l’acceptation de l’opération par la banque du bénéficiaire. Le suivi reste donc utile jusqu’à la confirmation reçue par le fournisseur.
Le suivi avec BankiPay
Pour un paiement traité par BankiPay, nous centralisons les échanges liés au statut communiqué pour l’opération et aux éléments de conformité demandés selon le dossier. Notre équipe peut solliciter des informations complémentaires lorsqu’elles sont nécessaires à la compréhension du paiement ; cette démarche ne constitue ni une garantie de délai ni une garantie d’acceptation. Notre page de suivi de paiement permet de consulter les informations de suivi disponibles pour une instruction.
En résumé : la liste grise est un signal de risque, pas une interdiction de payer
La liste grise du GAFI signale une surveillance renforcée d’un pays, tandis que l’examen d’un paiement dépend de l’analyse de risque de chaque institution et de chaque opération. Chez BankiPay, nous séparons ce signal GAFI des règles de change UEMOA ou CEMAC et des politiques propres aux banques correspondantes.
Un signal international, pas un refus automatique
Au 19 juin 2026, l’inscription de la Côte d’Ivoire ou du Cameroun sur la liste grise du GAFI n’était ni un embargo ni une interdiction automatique de payer un fournisseur étranger. Le GAFI ne demandait pas de vigilance renforcée automatique pour les juridictions sous surveillance renforcée, tout en appelant les institutions à appliquer une analyse fondée sur les risques.
Trois cadres à distinguer
Les publications du GAFI encadrent un suivi international LBC-FT. La réglementation des changes de l’UEMOA et de la BCEAO s’applique séparément aux paiements depuis la Côte d’Ivoire ; la réglementation des changes de la CEMAC et de la BEAC s’applique séparément aux paiements depuis le Cameroun. Les banques correspondantes et les prestataires ajoutent enfin leurs propres procédures de conformité, dans les limites de leurs obligations et de leur analyse de risque.
Nous vous invitons à vérifier si votre pays d’émission et votre corridor de paiement sont couverts par BankiPay.
En résumé
- Au 19 juin 2026, la liste grise du GAFI place la Côte d’Ivoire et le Cameroun sous surveillance renforcée ; elle n’est ni un embargo ni une interdiction de payer un fournisseur étranger.
- Une demande d’informations complémentaires peut porter sur l’entreprise, le bénéficiaire effectif, la facture, l’objet économique ou l’origine des fonds.
- La liste grise du GAFI ne remplace ni la réglementation des changes de l’UEMOA appliquée depuis la Côte d’Ivoire, ni celle de la CEMAC appliquée depuis le Cameroun.
- Un dossier cohérent et des réponses précises aux demandes de conformité facilitent la compréhension d’un paiement fournisseur, sans garantir son exécution ni son délai.